Une cause rarement unique
Sur une ligne chargée, les trains se suivent à quelques minutes d'intervalle et partagent les mêmes voies, les mêmes quais et souvent les mêmes rames et les mêmes équipes. Un incident sur un train en retarde donc plusieurs autres : le train suivant doit attendre que la voie se libère, la rame qui devait repartir en sens inverse part en retard, le conducteur qui devait la prendre est encore en route. C'est l'effet domino : un seul incident le matin peut se traduire par des dizaines de trains en retard dans la journée.
C'est aussi pourquoi la cause affichée pour votre train n'est pas toujours celle qui s'est produite sur votre trajet : il peut s'agir d'un incident survenu plus tôt, ailleurs sur le réseau.
Enfin, beaucoup de retards ne sont associés à aucune cause dans les données publiées par la SNCF : c'était le cas de 32 % des trains perturbés ces 30 derniers jours. Un retard de quelques minutes qui s'accumule le long du parcours (montée des voyageurs, ralentissements) ne fait souvent l'objet d'aucune alerte.
Les problèmes techniques
Ils regroupent les pannes du matériel roulant (train immobilisé, porte bloquée, problème de freinage ou de climatisation) et celles de l'infrastructure : signalisation, aiguillages, caténaire (la ligne électrique au-dessus des voies), passages à niveau. Une panne de signalisation est particulièrement pénalisante : par sécurité, les trains circulent alors au pas, avec une autorisation donnée pour chaque canton, ce qui réduit fortement le nombre de trains qui peuvent passer.
Le réseau français compte de nombreuses lignes anciennes ; leur modernisation progressive explique une partie des travaux, eux-mêmes source de retards.
Les travaux et la maintenance
Les travaux programmés sont normalement intégrés aux horaires : trains supprimés et remplacés par des cars, temps de parcours allongés, itinéraires détournés. Ils deviennent une cause de retard quand un chantier se termine plus tard que prévu (on parle de « restitution tardive des voies ») ou quand une limitation de vitesse temporaire est posée sur une portion de voie à surveiller.
La météo
- La chaleur : les rails se dilatent et la caténaire se détend ; des limitations de vitesse sont posées par précaution, et la climatisation des trains est mise à rude épreuve.
- Le vent et les orages : chutes d'arbres ou de branches sur les voies et la caténaire, foudre sur les installations de signalisation.
- La neige et le gel : aiguillages bloqués, caténaire givrée, matériel moins disponible.
- Les inondations : voies submergées ou fragilisées, qui imposent parfois de fermer la ligne.
Lors des épisodes les plus violents (tempête, vigilance rouge), la SNCF peut supprimer préventivement des trains.
Les accidents et les personnes sur les voies
Un heurt avec un animal, un véhicule bloqué sur un passage à niveau ou, plus grave, un accident de personne, entraînent l'arrêt de la circulation le temps des constatations et de la remise en état. La présence de personnes non autorisées à proximité des voies impose également d'arrêter ou de ralentir les trains. Ces incidents sont souvent longs : plusieurs heures dans les cas les plus graves.
Police, colis suspects et urgences médicales
Un bagage oublié en gare ou à bord déclenche une procédure de sécurité : la zone est bouclée jusqu'à l'intervention des démineurs si nécessaire. Une intervention de police ou un malaise de voyageur immobilisent le train le temps de la prise en charge. Pris isolément, ces événements durent peu, mais ils sont fréquents et, sur un axe chargé, ils retardent tous les trains qui suivent.
Grèves et manifestations
Les mouvements sociaux sont annoncés à l'avance et la SNCF publie un plan de transport adapté, en principe la veille à 17 h : les trains supprimés sont connus et les billets échangeables. Une manifestation ou un blocage (par exemple d'agriculteurs ou de riverains) peut aussi interrompre une ligne sans préavis.
Tous les trains ne sont pas égaux
Rapporté au nombre de trains qui circulent, la part de trains perturbés varie selon le type de train. Ces 30 derniers jours :
| Type | Trains perturbés | Part des trains prévus | Retard moyen |
|---|---|---|---|
| TER | 17 176 | 13,9 % | 26 min |
| TGV INOUI | 3 074 | 30,9 % | 37 min |
| LIO | 2 014 | 7,2 % | 16 min |
| INTERCITÉS | 549 | 38,9 % | 44 min |
| OUIGO | 416 | 32,1 % | 46 min |
| ICE | 246 | 54,3 % | 27 min |
Les TER partagent souvent des lignes où circulent aussi des trains de fret et des trains grandes lignes, et desservent de nombreux arrêts : chaque arrêt est une occasion de perdre une minute. Les TGV circulent en grande partie sur des lignes à grande vitesse qui leur sont réservées, mais un retard y est souvent plus long, car il y a moins de solutions de remplacement.
Les heures et les jours les plus touchés
Ces 30 derniers jours, les trains partant vers 17 h ont été les plus nombreux à être perturbés, et le vendredi a concentré le plus de trains en retard ou supprimés. Les heures de pointe cumulent deux effets : c'est là que circulent le plus de trains, et c'est là que l'effet domino est le plus fort, car il n'y a presque pas de marge entre deux trains. Le détail heure par heure et jour par jour est sur la page statistiques.
Et pour vous, voyageur ?
La cause du retard a une conséquence directe sur vos droits : certaines circonstances extraordinaires (météo extrême, personnes sur les voies…) peuvent dispenser le transporteur de verser une compensation au titre du règlement européen, alors qu'une panne technique ou une grève du personnel ne le dispensent pas. Tout est expliqué dans notre guide Train en retard ou supprimé : que faire ?